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Résumé :
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[Publié à l'occasion de l'exposition "Moi, Eugénie Grandet" conçue par Louise Bourgeois pour la Maison de Balzac à Paris, 3 novembre 2010-6 février 2011. Contient des extraits de "Eugénie Grandet" de Honoré de Balzac]. Une étude consacrée à la place d'Eugénie Grandet dans l'oeuvre de Louise Bourgeois qui y voit le prototype de la femme qui ne s'est pas réalisée. Louise Bourgeois, née à Paris en 1911, s'établit à New York en 1938. Lorsque son oeuvre émerge, en 1982, à la faveur d'une exposition au Musée d'art moderne de New York, elle fait encore figure, à soixante-dix ans, d'excentrique qu'on ne prend pas vraiment au sérieux. Vingt-huit ans plus tard, après des rétrospectives dans tous les grands musées du monde, c'est une star qui s'éteint. Entre 2007 et 2010, dans ce qui devait être un ultime retour vers le travail de la broderie et du tissage qui avait été le sien dans sa jeunesse, Louise Bourgeois imagina seize petits panneaux en hommage à la pâle héroïne de Balzac. Torchons et mouchoirs, parfois élimés, pliés dans les armoires depuis son départ aux États-Unis en 1938, agrémentés de perles, de boutons, d'épingles, de fleurs, de tissus, de strass, reliquaires évoquant le temps qui passe, la minutie des herbiers et l'humilité des ouvrages de dames. L'écho entre mythe littéraire et légende familiale - source d'inspiration essentielle de l'art de Louise Bourgeois - s'impose d'évidence, comme le souligne Jean Frémon, qui fut un familier de l'artiste, dans son essai introductif. Faussement désuètes, parodiquement appliquées, subtilement ironiques, ces seize compositions qui évoquent la solitude, le vieillissement, la frustration, l'effacement offrent aussi une célébration de la patience féminine, dans tous les sens de l'expression.
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